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ILV, PLV, présentoir, stop-rayon : ce que chaque support fait en magasin

Un client m'a demandé « de la PLV ». Il voulait un chevalet de comptoir. J'ai vu passer, sous ce même mot, des totems de trois mètres et des étiquettes de 4 cm. Voici les mots qui évitent le malentendu.

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Par Jean-Marc Vidalou · 3 septembre 2026

Les deux sigles, et ce qui les sépare

PLV signifie publicité sur le lieu de vente. ILV signifie information sur le lieu de vente. La différence tient en une question : est-ce que le support vend, ou est-ce qu'il renseigne.

Une PLV porte un message commercial. Elle annonce une marque, une promotion, une nouveauté. Elle est presque toujours financée par le fabricant du produit, elle porte ses couleurs, et sa durée de vie se compte en semaines parce qu'elle accompagne une opération datée.

Une ILV porte une information qui appartient au magasin. Le fléchage des rayons, le prix, la composition, l'origine du produit, la file d'attente, les horaires. Elle est financée par le point de vente, elle porte sa charte à lui, et elle reste en place des années.

Ce n'est pas une nuance de vocabulaire. Les deux ne se commandent pas de la même façon : une PLV se pense en série courte, sur un support léger, avec une date de fin ; une ILV se pense en support durable, souvent rigide, avec un système de mise à jour du contenu variable.

Le mot ILV s'entend surtout dans la grande distribution et le retail alimentaire. Ailleurs, la plupart des gens disent « PLV » pour tout, et il faut poser la question autrement : « ce panneau, il vend quelque chose ou il explique quelque chose ? »

Le vocabulaire du rayon, support par support

Je liste ici ceux qui passent réellement dans un atelier d'impression, avec ce que chacun fabrique et le fichier qu'il demande.

Le présentoir de comptoir. Petit, posé à côté de la caisse, en carton compact ou en carton ondulé micro-cannelure. Il tient debout par un pliage, presque jamais par une pièce rapportée. Il demande un fichier à plat avec le tracé de découpe en couche séparée, et son coût est presque entièrement dans l'outil de découpe : le premier exemplaire coûte une forme, les mille suivants coûtent du carton.

Le présentoir de sol, ou box palette. Un meuble en carton, de 1,20 à 1,60 m, qui tient une palette de produits. Il se monte à plat et se déplie en magasin, ce qui est la contrainte de conception principale : un chef de rayon ne monte pas un meuble en quinze minutes. Le fichier suit un plan de découpe fourni par le cartonnier, jamais dessiné par le graphiste.

Le stop-rayon. La petite languette perpendiculaire au linéaire, qui dépasse dans l'allée pour accrocher l'œil de profil. Format courant autour de 10 × 7 cm, en carton ou en polypropylène, avec une fixation à clipser sur la broche du rayon. Il n'a qu'une phrase et un prix ; tout ce qu'on met de plus est illisible à la vitesse où on passe devant.

Le kakémono de sol et l'oriflamme. Une toile suspendue ou tendue sur un mât. Le kakémono se lit de face, l'oriflamme tourne au vent et se lit de partout. Traités à part, parce qu'ils relèvent du grand format et pas du carton.

Le chevalet et le totem. Le chevalet est un panneau autoportant en A qu'on pose au sol ; le totem est un panneau vertical rigide, souvent double face, qui monte de 1,50 à 2,50 m. Les deux servent d'ILV bien plus souvent que de PLV.

La vitrophanie. Un adhésif posé sur le vitrage, à l'intérieur ou à l'extérieur. Il y a une décision technique dans cette phrase : un adhésif conçu pour être vu de l'extérieur mais collé à l'intérieur est un adhésif dont l'image est inversée et dont la colle est du côté visible. Se tromper de version coûte le tirage entier.

Le wobbler. Une languette souple sur ressort, qui oscille au moindre courant d'air. Le nom vient de l'anglais et il n'a pas de bon équivalent français. Il attire l'œil par le mouvement, et c'est à peu près sa seule qualité.

Ce qui change entre une PLV et une enseigne

C'est la question qu'on me pose le plus souvent, et la réponse est dans la durée de vie prévue.

Une PLV vit une opération. Trois semaines, deux mois. Le carton suffit, l'encre n'a pas besoin d'être résistante aux ultraviolets, et personne ne se plaint qu'elle jaunisse puisqu'elle sera jetée avant.

Une enseigne vit cinq à dix ans, dehors, avec du gel, du soleil et de la pluie. Le support change complètement : dibond, PVC expansé, plexiglas, lettres découpées dans de l'aluminium. Les encres deviennent des encres UV ou des solvants, et on ajoute un vernis ou un film de protection.

Commander une enseigne comme une PLV donne un panneau qui a l'air neuf en juin et fatigué en septembre. Commander une PLV comme une enseigne coûte trois à cinq fois le prix pour un objet qu'on jette au bout d'un mois. Les deux erreurs se font, et la seconde plus souvent qu'on ne croit.

Les matériaux, en clair

SupportMatériau courantÉpaisseurCe qu'il supporte
Stop-rayonCarton compact ou polypropylène300 à 800 µmIntérieur, manipulation
Présentoir de comptoirCarton compact ou micro-cannelure0,6 à 2 mmIntérieur, quelques semaines
Box paletteCarton ondulé double cannelure3 à 7 mmCharge, montage à plat
Panneau rigide intérieurCarton alvéolaire, PVC expansé3 à 10 mmIntérieur, léger
Panneau extérieurDibond, PVC expansé traité3 à 5 mmExtérieur, plusieurs années
Kakémono, banderoleBâche PVC, textile polyester400 à 650 g/m²Suspension, vent
VitrophanieVinyle monomère ou polymère80 à 100 µmVitrage, pose et dépose

Le carton alvéolaire mérite une remarque. Il est léger, rigide, recyclable et bon marché, et il est devenu le remplaçant naturel du PVC expansé sur tout ce qui reste à l'intérieur. Il ne supporte ni l'humidité ni les chocs sur la tranche. Pour un stand de salon monté trois jours, c'est parfait ; pour un panneau posé près d'une porte automatique en hiver, non.

Le fichier : ce qu'un imprimeur attend d'une PLV découpée

Une PLV plate se traite comme n'importe quel imprimé : format fini, fond perdu, zone de sécurité. Dès qu'il y a une découpe, deux choses s'ajoutent.

Le tracé de découpe doit être une couche à part, en trait vectoriel, sur une couleur de ton direct nommée, avec un attribut de surimpression. Sans cela, la découpe s'imprime en noir sur l'objet. C'est l'erreur numéro un des fichiers de packaging et de présentoir, et elle ne se voit pas avant l'épreuve.

Le plan à plat vient du cartonnier, pas du graphiste. Un présentoir se conçoit dans les deux sens : le fabricant fournit un tracé avec ses plis, ses rainages, ses languettes et ses zones de collage, et l'image se compose par-dessus. Dessiner d'abord et découper ensuite donne un objet qui ne tient pas debout.

Deux règles supplémentaires que je répète chaque semaine : ne mettez pas de texte à cheval sur un rainage, parce que le pli casse la lettre ; et prévoyez que la languette de montage sera repliée vers l'intérieur, donc que ce qui est imprimé dessus ne se verra pas.

Ce que je ne dirai pas

Je ne dirai pas combien coûte une PLV, parce que la seule vraie variable est la découpe. Sur un présentoir de comptoir, la forme de découpe se paie une fois et se réutilise ensuite. Cent exemplaires et deux mille exemplaires du même présentoir n'ont pas un rapport de vingt sur le prix unitaire, ils ont un rapport bien plus faible, et c'est exactement le raisonnement à tenir avant de choisir la quantité.

Je ne dirai pas non plus si votre PLV fonctionnera. Je conduis des machines ; ce qui se passe devant le linéaire ne se mesure pas depuis l'atelier. Ce que je vois passer, en revanche, c'est le nombre de PLV qui portent quatre messages là où le passage dure deux secondes.

Ce qui se pose où, et les contraintes du lieu

Un support ne se choisit pas seulement sur ce qu'il dit : il se choisit sur ce que le lieu accepte. Trois contraintes reviennent, et elles ne viennent jamais du client.

Le plan d'implantation du magasin. Dans la grande distribution, les emplacements sont attribués et calibrés : une tête de gondole a des dimensions précises, un présentoir de sol doit tenir sur une palette normalisée, un stop-rayon doit se clipser sur la broche existante. Un support qui ne rentre pas dans l'emplacement prévu ne sera pas posé, quelle que soit sa qualité.

Les règles de sécurité. Les circulations doivent rester libres, les issues de secours dégagées, et rien ne doit dépasser dans une allée au point de gêner un passage. Un totem posé au mauvais endroit se fait retirer par le responsable de site le premier jour.

Le temps de montage. C'est la contrainte que les concepteurs sous-estiment le plus. Un chef de rayon dispose de quelques minutes, pas d'une heure, et il monte le support seul. Un présentoir qui demande deux personnes et une notice ne sera pas monté, ou il sera monté de travers.

Ces trois contraintes se règlent par une question posée avant de dessiner : qui va poser ce support, où exactement, et en combien de temps. La réponse change souvent le projet.

La durée de vie, et le sort du support après

Une question qu'on ne me posait jamais il y a dix ans et qu'on me pose maintenant à chaque commande de PLV.

Un support en carton ondulé se recycle dans la filière papier-carton, à condition de ne pas être pelliculé plastique ni contrecollé sur du polystyrène. Un pelliculage complique le tri, et un support mixte carton-plastique finit en général en refus.

Ce qui en découle, concrètement, sur une PLV de courte durée : le pelliculage ne se justifie que si le support doit résister à l'humidité ou à des manipulations répétées. Sur un présentoir de comptoir qui vit trois semaines dans une boutique sèche, un vernis d'impression suffit et laisse le carton recyclable.

Sur les supports rigides, l'alternative est plus nette : le carton alvéolaire remplace le PVC expansé sur tout ce qui reste à l'intérieur, avec une rigidité comparable et un poids inférieur. Il ne supporte ni l'humidité ni les chocs sur la tranche, ce qui l'exclut de l'extérieur, et il couvre l'essentiel des usages de PLV.

Je ne fais pas de bilan environnemental et je ne vends pas d'argument vert. Ce que je constate, c'est que la question du recyclage se pose au moment de choisir le support, pas au moment de le jeter, et qu'à ce moment-là elle ne coûte souvent rien.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre PLV et ILV en une phrase ?

La PLV vend un produit ou une marque, elle est le plus souvent financée par le fabricant et elle a une date de fin ; l'ILV renseigne le client dans le magasin, elle appartient au point de vente et elle reste en place. Le même panneau physique peut être l'un ou l'autre selon ce qui est écrit dessus.

Peut-on réutiliser un présentoir d'une opération à l'autre ?

Sur un présentoir en carton, rarement : il est calculé pour une manipulation de montage et une durée de vie courte, et il gondole dès qu'il a passé un hiver dans une réserve. Sur un chevalet ou un totem avec porte-affiche, oui, et c'est même l'argument du support : on change l'affiche à l'intérieur, la structure reste.

Faut-il un tracé de découpe pour une PLV rectangulaire ?

Non, un rectangle se coupe au massicot comme un imprimé ordinaire. Le tracé devient nécessaire dès qu'il y a une forme, une languette, un pied, une fente ou un arrondi, c'est-à-dire dès qu'il faut un outil de découpe fabriqué pour cet objet-là.

Le carton alvéolaire remplace-t-il le PVC partout ?

À l'intérieur, très souvent, et il est plus léger à manipuler. À l'extérieur, non : il boit l'humidité par la tranche et se déforme. Pour un panneau qui reste dehors, on reste sur du dibond ou du PVC expansé traité, et on accepte le poids.

Vérifier ce que vous avez retenu sur la PLV

Cinq questions sur le vocabulaire et les contraintes du rayon. Rien n’est enregistré et rien n’est envoyé : les réponses restent dans votre navigateur.

  1. Qu'est-ce qui distingue une ILV d'une PLV ?

  2. Que faut-il fournir en plus du visuel pour une PLV découpée ?

  3. Pourquoi un présentoir de comptoir coûte-t-il peu à l'exemplaire mais cher en petite série ?

  4. Le carton alvéolaire peut-il remplacer le PVC expansé partout ?

  5. Quelle contrainte les concepteurs de PLV sous-estiment-ils le plus ?

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