Brochure, plaquette et catalogue
Une plaquette d'entreprise se distingue d'un dépliant par une chose : elle est reliée. Cela change le prix, le délai, et surtout la façon dont elle se lit.
Parlons de votre projet
Un rappel sous 24 h ouvrées. Sans engagement.
Par Jean-Marc Vidalou · mis à jour le 30 août 2026
Brochure, plaquette, catalogue, livret : le vocabulaire
Ces mots désignent le même objet fabriqué de la même façon, avec des usages différents.
- Plaquette : document de présentation d'une entreprise ou d'une offre. Peu de pages, 8 à 24, soignée.
- Brochure : terme générique pour un imprimé relié de faible épaisseur.
- Catalogue : présentation d'une gamme de produits, avec références et prix. Plus épais, souvent réédité.
- Livret : format plus petit, usage pratique, notice ou programme.
- Rapport : document institutionnel, souvent annuel.
En atelier, une seule chose compte : le nombre de pages et le mode de reliure. Tout le reste en découle.
La contrainte de pagination
Une brochure ne peut pas avoir n'importe quel nombre de pages. C'est la contrainte la plus mal comprise et la plus fréquemment découverte trop tard.
Un cahier d'impression est une feuille imprimée recto verso puis pliée. Une feuille pliée une fois donne 4 pages. Pliée deux fois, 8 pages. Trois fois, 16 pages.
Conséquence : le nombre de pages d'une brochure à dos piqué est nécessairement un multiple de 4. 8, 12, 16, 20, 24, 32. Pas 10, pas 14, pas 22.
Pour un dos carré collé, la contrainte se relâche un peu selon la technique employée, mais on reste en pratique sur des multiples de 4 pour les cahiers, avec parfois un encart.
Ce que cela impose au moment d'écrire : on ne conçoit pas le contenu puis on compte les pages. On fixe la pagination d'abord, on écrit ensuite pour la remplir. Une brochure de 14 pages devient 16 pages, dont deux à trouver ou à laisser blanches, ce qui se voit.
Le couple couverture-intérieur ajoute une subtilité. La couverture d'une brochure de 16 pages est souvent comptée dans les 16, ou en plus. « 16 pages plus couverture » et « 16 pages couverture comprise » désignent deux objets différents et deux prix différents. Il faut le préciser dans le devis.
Les reliures
| Reliure | Principe | Pagination possible | Ce qu'elle implique |
|---|---|---|---|
| Dos piqué, deux points métal | Cahiers emboîtés, agrafés dans le pli | 8 à 64 pages | Économique, s'ouvre à plat, l'agrafe rouille à très long terme |
| Dos carré collé | Cahiers rassemblés, dos fraisé et encollé | à partir de 32 à 40 pages | Un dos où l'on peut écrire, ne s'ouvre pas à plat |
| Dos carré cousu collé | Cahiers cousus puis encollés | à partir de 48 pages | Le plus solide, le plus cher |
| Spirale métal ou plastique | Perforation et spirale | libre | S'ouvre complètement à plat, aspect technique |
| Wire-o | Double anneau métallique | libre | Comme la spirale, plus soigné |
| Reliure suisse | Bloc cousu collé sur le dernier plat, dos apparent | à partir de 40 pages | Décoratif, plus fragile, cher |
Le dos piqué domine largement pour les plaquettes commerciales. Le seuil de bascule vers le dos carré collé se situe autour de 40 à 48 pages : au-delà, l'épaisseur du bloc fait que les pages centrales dépassent nettement à la coupe.
Cet effet, appelé compensation de poussée, doit être anticipé dans la maquette d'une brochure épaisse à dos piqué : les pages centrales sont rognées davantage que les pages extérieures, et un élément placé trop près du bord y disparaît.
Le papier de couverture et le papier intérieur
Ils ne sont presque jamais les mêmes.
La couverture se choisit entre 250 et 350 g/m². Elle porte l'objet et donne la première impression tactile. Un pelliculage y est fréquent, mat de préférence, parce que le brillant marque les doigts sur une plaquette manipulée.
L'intérieur se choisit entre 115 et 170 g/m². En dessous de 115 g, les pages transparaissent quand on imprime en recto verso avec des images. Au-delà de 170 g, une brochure à dos piqué ne se referme plus correctement et le pli force.
Deux erreurs classiques :
- Un pelliculage sur la couverture sans rainage. Une couverture de 300 g pelliculée qu'on plie sans rainer casse au pli, et la casse traverse le pelliculage en laissant une ligne blanche.
- Un intérieur trop lourd pour la pagination. Sur 48 pages en 170 g, l'objet devient une brique qui ne tient pas fermée.
Ce qu'on met dans une plaquette d'entreprise
Une structure qui fonctionne, à adapter, sur 12 à 16 pages.
- Couverture : le nom, une image, trois mots sur l'activité. Pas de slogan abstrait.
- Page 2-3, en double page : ce que fait l'entreprise, en une phrase, puis le détail. C'est la double page la plus lue, parce que c'est la première qu'on voit en ouvrant.
- Le savoir-faire, un par double page, avec un exemple concret par sujet.
- La méthode : ce qui se passe entre le premier contact et la livraison. C'est la partie que les lecteurs disent la plus utile et celle qu'on écrit le moins.
- Les repères : ancienneté, effectif, zone d'intervention, équipements. Uniquement des faits vérifiables.
- Le contact, en quatrième de couverture, avec un plan si l'on reçoit du public.
Ce qui affaiblit une plaquette, dans l'ordre : les photographies d'images de banque de données, reconnaissables au premier coup d'œil ; les chiffres non sourcés ; les témoignages sans nom ; et les pages entières de texte justifié en corps 8.
Une plaquette n'a pas à tout dire. Elle a à donner envie d'appeler.
Prix observés
Ordres de grandeur relevés sur des devis en 2025 et 2026, format A4 fermé, quadri recto verso, couverture 300 g pelliculée mat, intérieur 135 g couché, hors création graphique.
| Pagination et reliure | Quantité | Ordre de grandeur |
|---|---|---|
| 8 pages, dos piqué | 250 | 250 à 500 € HT |
| 8 pages, dos piqué | 1 000 | 400 à 800 € HT |
| 16 pages, dos piqué | 250 | 400 à 800 € HT |
| 16 pages, dos piqué | 1 000 | 600 à 1 300 € HT |
| 32 pages, dos piqué | 1 000 | 1 000 à 2 200 € HT |
| 48 pages, dos carré collé | 500 | 1 200 à 2 600 € HT |
| 48 pages, dos carré collé | 2 000 | 2 000 à 4 200 € HT |
La création graphique est le poste dominant sur les petites séries. Sur 250 plaquettes de 16 pages, la maquette coûte souvent deux à quatre fois l'impression. C'est un argument fort en faveur d'une pagination stable d'une édition à l'autre : la deuxième version d'une plaquette dont seule la moitié du contenu change coûte bien moins que la première.
Les délais réels
Une brochure est le support où l'écart entre le délai annoncé et le délai vécu est le plus grand.
- Rédaction et collecte des éléments : deux à six semaines. C'est le poste qui déborde toujours, parce qu'il dépend de plusieurs personnes dans l'entreprise.
- Maquette et allers-retours : deux à quatre semaines.
- Préparation du fichier et BAT : deux à cinq jours.
- Impression et façonnage : cinq à douze jours ouvrés selon la reliure. Un dos carré collé demande un temps de séchage de la colle avant la coupe, ce qui ajoute vingt-quatre à quarante-huit heures.
- Livraison : un à trois jours.
Compter deux mois du lancement à la livraison est réaliste. Compter trois semaines ne l'est pas, sauf si le contenu est déjà écrit et validé.
Le fichier à fournir
- Pages en pages simples, pas en doubles pages, sauf demande contraire. L'imprimeur fait lui-même l'imposition, c'est-à-dire le placement des pages sur la feuille.
- Ordre des pages continu, page 1 en couverture.
- Fonds perdus de 3 à 5 mm sur les quatre bords de chaque page.
- Marge intérieure renforcée, au moins 12 mm côté reliure sur un dos carré collé, parce qu'une partie de la page disparaît dans la pliure.
- Compensation de poussée signalée à l'imprimeur si la brochure est épaisse et à dos piqué.
- Images en 300 ppp à la taille d'utilisation, en CMJN.
- Un fichier séparé pour la couverture si elle est imprimée sur un autre papier, avec le dos calculé selon l'épaisseur du bloc. L'imprimeur donne cette épaisseur, elle dépend du papier réel et pas d'un calcul théorique.
Le catalogue produit : un autre métier
Un catalogue n'est pas une plaquette plus épaisse. Trois choses le distinguent, et elles décident de tout le projet.
Il contient des données structurées. Références, désignations, prix, dimensions, disponibilités. Ces données existent déjà quelque part, dans un tableur ou dans un logiciel de gestion. Les recopier à la main dans une maquette de 80 pages garantit des erreurs et rend toute mise à jour impossible.
La bonne pratique consiste à alimenter la maquette depuis le fichier source, par un import de données. Les logiciels de mise en page savent le faire. Cela coûte une préparation supplémentaire la première fois, et cela divise par cinq ou dix le temps de la deuxième édition.
Il est réédité. Un catalogue vit deux à trois ans avec des mises à jour. Sa maquette doit donc être conçue pour accueillir un produit de plus sans tout décaler : des gabarits de page réguliers, une grille stricte, des blocs de taille prévisible.
Il se consulte, il ne se lit pas. L'index, le sommaire, les onglets de couleur en marge et la numérotation claire comptent plus que la mise en page des pages elles-mêmes. Un catalogue sans index de références est inutilisable pour un acheteur professionnel.
Sur le papier, l'arbitrage est différent aussi : au-delà de 60 pages, un intérieur en 90 ou 100 g suffit, parce que le poids total et le coût de port deviennent des postes réels. Un catalogue de 120 pages en 135 g pèse près de 800 grammes, ce qui change la tranche d'affranchissement.
Ce qui rate
- La pagination qui n'est pas un multiple de 4, découverte au moment du devis.
- La photographie de couverture en 72 ppp, prise sur le site web.
- Le dos d'une brochure collée calculé au jugé, ce qui décale le titre du dos de plusieurs millimètres.
- Les pages centrales dont le texte est rogné, faute de compensation de poussée.
- La couverture pelliculée brillante sur une plaquette destinée à circuler de main en main, qui revient en salon couverte de traces.
- Une réimpression demandée deux ans plus tard, avec un fichier de travail introuvable parce que le prestataire n'a livré qu'un PDF aplati.
Sources
- Contraintes de pagination et de façonnage : pratiques d'atelier, cahiers d'impression multiples de 4 pages.
- Tolérances de reproduction : ISO 12647-2:2013.
- Grammage : ISO 536.
- Fourchettes de prix : ordres de grandeur observés sur des devis en 2025 et 2026, sans barème public de référence.
Dans le même cocon
On remonte à la page mère, puis on passe à la page sœur suivante. Aucun lien direct vers un autre cocon.
Questions fréquentes
Combien de pages doit faire une plaquette d'entreprise ?
Un multiple de 4, contrainte de fabrication liée au pliage des cahiers. Les paginations les plus courantes sont 8, 12 et 16 pages. Au-delà de 40 à 48 pages, le dos piqué atteint sa limite et il faut passer au dos carré collé.
Quelle différence entre brochure et plaquette ?
Aucune différence de fabrication. « Plaquette » désigne par usage un document de présentation d'entreprise, peu paginé et soigné ; « brochure » est le terme générique de l'imprimé relié. L'imprimeur ne distingue que la pagination et la reliure.
Quel papier pour une plaquette commerciale ?
Une couverture entre 250 et 350 g/m², souvent pelliculée mat, et un intérieur entre 115 et 170 g/m². En dessous de 115 g, les pages transparaissent en recto verso. Au-delà de 170 g, une brochure à dos piqué ne se referme plus bien.
Combien coûte une brochure de 16 pages ?
Sur des devis observés en 2025 et 2026, format A4, dos piqué, couverture 300 g et intérieur 135 g : de 400 à 800 € HT pour 250 exemplaires, et de 600 à 1 300 € HT pour 1 000 exemplaires, hors création graphique.
Combien de temps faut-il pour produire une plaquette ?
Deux mois est un délai réaliste du lancement à la livraison. L'impression et le façonnage ne représentent que cinq à douze jours ouvrés ; le reste est de la rédaction, de la collecte d'éléments et des validations.