Écrire une page citable
Un assistant ne cite pas une page parce qu'elle est longue, ni parce qu'elle répète la question. Il reprend une phrase qui se comprend seule, qui apporte une information qu'il ne trouve pas ailleurs, et qu'il peut attribuer. J'écris et je réécris en pensant à ce lecteur-là, sans oublier l'autre.

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Par Florian BourretGérant de Happiness, consultant SEOmis à jour le 3 octobre 2026
Ce que Google demande, et ce qu'il ne demande pas
Commençons par ce qui est écrit, parce que beaucoup de conseils en circulation le contredisent.
Le guide de Google « Optimizing your website for generative AI features on Google Search », mis à jour le 10 juillet 2026, dit trois choses sur la forme. Il n'est pas nécessaire de découper ses contenus en petits morceaux pour que l'IA les comprenne. Il n'est pas nécessaire d'écrire d'une façon particulière pour la recherche générative. Et ce qui compte le plus, c'est le contenu qu'il appelle « non-commodity ».
La distinction est illustrée par un exemple. Un article du type « 7 conseils pour un premier achat immobilier » relève du contenu « commodity » : il repose sur des connaissances communes, qui pourraient venir de n'importe qui, et apporte peu au lecteur. Un article qui raconte pourquoi un acheteur a renoncé à une inspection et ce qu'il a découvert dans la canalisation relève du contenu « non-commodity » : il donne un point de vue issu d'une expérience, qui va au-delà de ce que tout le monde sait.
La différence tient à la matière, et le style n'y change rien.
Ce que l'étude d'origine a mesuré
L'article de recherche qui a donné son nom au GEO, publié en novembre 2023 par Pranjal Aggarwal et ses coauteurs, a testé neuf façons de modifier une page. Dans leur expérience, les trois qui augmentaient le plus la reprise par un moteur génératif étaient l'ajout de statistiques, l'ajout de citations de personnes ou de textes, et l'ajout de références aux sources. Le bourrage de mots-clés faisait moins bien que la page d'origine.
L'expérience porte sur un moteur de laboratoire, et ses limites sont discutées sur la page GEO vs SEO. Mais elle va dans le même sens que le guide de Google : ce qui se fait reprendre, c'est l'information vérifiable et attribuée, pas la répétition.
Les quatre défauts qui font disparaître une page
Quand je relis une page qui n'est jamais reprise par un assistant alors qu'elle se positionne correctement dans Google, je retrouve presque toujours un ou plusieurs de ces défauts.
Une réponse qui arrive tard
La page commence par l'histoire de l'entreprise, puis par l'importance du sujet, et la réponse à la question du titre arrive au quatrième paragraphe. Un système qui cherche une phrase à extraire en trouve une meilleure ailleurs.
Des phrases qui ne tiennent pas seules
« Comme nous l'avons vu plus haut, c'est la deuxième option qui est la plus adaptée dans ce cas. » Sortie de son contexte, cette phrase ne veut rien dire. Les pronoms sans antécédent, les « ce dernier », les « cette solution » qui renvoient à trois paragraphes plus haut rendent un passage inutilisable une fois extrait.
Des affirmations sans origine
« Les délais sont généralement courts. » « Les prix ont beaucoup augmenté. » Ni chiffre, ni date, ni source. Un système qui doit produire une réponse vérifiable n'a rien à reprendre, et un lecteur non plus.
Le discours promotionnel
« Notre équipe passionnée vous accompagne avec professionnalisme. » Aucune information. C'est la phrase que tout le monde écrit, donc celle que personne ne cite.
Réécrire un paragraphe : un exemple
Prenons un paragraphe fictif, sur la page d'une entreprise de dépannage de l'agglomération paloise.
Version d'origine : « Nous intervenons rapidement sur toute l'agglomération. Forts de notre expérience, nous saurons répondre à vos besoins avec réactivité et professionnalisme. N'hésitez pas à nous contacter pour toute demande. »
Version réécrite : « L'entreprise intervient à Pau, Billère, Lons, Lescar et Jurançon. Pour un dépannage, le délai d'intervention habituel est de deux jours ouvrés ; pour une installation, le devis est envoyé sous une semaine après la visite. Les interventions du samedi sont facturées avec une majoration indiquée sur la page tarifs. »
La deuxième version est plus courte en adjectifs et plus longue en faits. Chaque phrase se comprend seule. Un assistant à qui l'on demande « qui intervient à Lescar le samedi pour un dépannage » trouve de quoi répondre, et de quoi attribuer sa réponse.
Les chiffres de l'exemple sont inventés pour l'illustration. Sur votre page, ils doivent être les vôtres, et vrais.
La structure qui aide sans trahir le lecteur
Google ne demande pas de découper. Il ne l'interdit pas non plus, et une structure claire sert d'abord le lecteur. Voici celle que j'applique.
- Le titre dit ce que la page contient, avec les mots que le lecteur utiliserait.
- Le premier paragraphe répond. Une ou deux phrases qui donnent la réponse, même si la suite la nuance.
- Une définition autonome quand le sujet en a besoin, formulée pour être lue hors de la page.
- Des intertitres qui sont des questions ou des affirmations précises. « Combien de temps ça prend » vaut mieux que « Délais ».
- Les comparaisons en tableau, quand il y a au moins deux options et deux critères.
- Chaque chiffre avec sa date et son origine, dans la phrase même.
- Une section de questions et réponses qui reprend les questions telles qu'elles sont posées, avec une réponse complète à chaque fois.
- Un auteur identifié et une date de mise à jour, qui correspondent à une vraie relecture.
Cette grille n'a rien d'obligatoire. Une page peut s'en écarter quand le sujet le demande. Mais quand une page n'est jamais reprise, c'est la première grille que je passe.
Ce qui rend une page impossible à remplacer
Des quatre conditions décrites sur la page GEO et visibilité dans les IA, celle-ci est la seule qui dépende entièrement de vous. La forme aide à être repris. La matière décide si l'on vaut la peine d'être repris. Un assistant qui a déjà dix pages disant la même chose n'a aucune raison de choisir la onzième.
Ce qu'une entreprise du Béarn peut écrire et que personne d'autre ne peut :
- ses prix réels, avec ce qu'ils comprennent et ce qu'ils ne comprennent pas ;
- ses délais réels, par type de demande et par saison ;
- sa zone d'intervention exacte, commune par commune ;
- les questions que ses clients posent vraiment au téléphone, avec ses réponses ;
- les cas où elle déconseille sa propre prestation ;
- ce qui a changé récemment dans son métier, avec la date.
C'est exactement ce que Google appelle une expérience qui va au-delà de ce que tout le monde sait. Et c'est souvent ce que les entreprises hésitent à publier, de peur de se lier les mains ou d'aider la concurrence. C'est un arbitrage réel. Il se fait en connaissant le prix de la discrétion : une page qui ne dit rien de spécifique n'a aucune raison d'être citée.
Ce qui abîme une page sous prétexte de plaire aux IA
Plusieurs pratiques circulent sous l'étiquette SEO IA, et elles abîment les pages.
Écrire des textes plats, sans point de vue, « pour que l'IA les comprenne ». Google dit qu'il n'est pas nécessaire d'écrire d'une façon particulière, et un texte sans point de vue n'apporte rien à reprendre.
Multiplier les pages de questions et réponses générées en série, une par variante de requête. Les règles anti-spam de Google définissent l'abus de contenu à grande échelle comme la génération de nombreuses pages dans le but principal de manipuler le classement plutôt que d'aider les utilisateurs.
Cacher dans la page des instructions adressées aux modèles. C'est du texte dissimulé, que les règles publiques de Google traitent comme du spam, et rien ne dit que cela fonctionne.
Gonfler les pages pour atteindre une longueur. Une page longue qui répète la même idée cinq fois est plus difficile à extraire qu'une page courte qui la dit une fois.
Comment tester une page
Une méthode simple, que j'utilise avant de publier.
Je copie le texte de la page dans un assistant et je lui demande de la résumer en trois phrases, puis de répondre à la question du titre en citant la page. Si le résumé contient un contresens, c'est presque toujours qu'un passage était ambigu. Si la réponse ne s'appuie pas sur la page, c'est que la réponse n'y était pas assez nette.
Ensuite, une fois la page publiée et indexée, je pose la question elle-même, sans donner la page, à deux ou trois assistants. Le relevé de ce qu'ils citent, répété dans le temps, est décrit sur la page mesurer sa visibilité dans les IA.
Aucun de ces tests ne garantit une citation. Ils évitent seulement de publier une page qui n'a aucune chance.
Sources
- Contenu « commodity » et « non-commodity », découpage, écriture spécifique : Google Search Central, « Optimizing your website for generative AI features on Google Search », mise à jour du 10 juillet 2026.
- Méthodes testées et résultats : Pranjal Aggarwal et al., « GEO: Generative Engine Optimization », arXiv:2311.09735, 16 novembre 2023, accepté à KDD 2024.
- Texte dissimulé et abus de contenu à grande échelle : règles anti-spam de Google Search Central, mise à jour du 28 août 2026.
- Volume de recherche (« seo ia » environ 590 recherches mensuelles) : mesure propre au projet, DataForSEO, France, 3 octobre 2026.
Dans le même cocon
On remonte à la page mère, puis on passe à la page sœur suivante. Aucun lien direct vers un autre cocon.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le SEO IA ?
C'est l'ensemble des pratiques qui visent à rendre un site visible dans les réponses des outils d'IA générative, en plus des résultats de recherche classiques. Pour l'essentiel, il s'agit du même travail que le référencement, avec une exigence plus forte sur la clarté des réponses et la vérifiabilité des informations.
Faut-il écrire différemment pour être cité par une IA ?
Google écrit qu'il n'est pas nécessaire d'écrire d'une façon particulière pour sa recherche générative, ni de découper ses contenus. Ce qui aide, c'est une réponse nette en tête, des phrases qui se comprennent seules, des chiffres datés et sourcés, et une information qu'on ne trouve pas ailleurs.
Qu'est-ce qu'un contenu « non-commodity » ?
C'est l'expression utilisée par Google pour désigner un contenu qui apporte une expérience ou une analyse allant au-delà des connaissances communes. À l'inverse, un contenu « commodity » répète ce que n'importe qui pourrait écrire et apporte peu au lecteur.
Les statistiques augmentent-elles les chances d'être cité ?
Dans l'expérience de l'article de recherche qui a nommé le GEO, publié en 2023, l'ajout de statistiques faisait partie des trois méthodes les plus efficaces, avec l'ajout de citations et de sources. Cette expérience porte sur un moteur de laboratoire et ne vaut pas garantie pour un assistant réel.
Une page longue est-elle mieux reprise ?
Pas en soi. Une page longue qui traite un sujet en profondeur peut répondre à plus de questions. Une page allongée par des répétitions est plus difficile à extraire. La longueur suit la matière, pas l'inverse.